La bataille de l'ouverture du marché de l'électricité n'a pas véritablement commencé, mais tout porte à croire que les entreprises romandes l'ont déjà perdue. Entre Daniel Brélaz, qui défend une politique de «l'Alleingang» à haut tarif en ville de Lausanne – à mille lieues de l'esprit d'ouverture de la vaudoise Romande Energie – et les Services industriels genevois, qui se jettent dans les bras de l'alémanique Swisspower pour appâter les gros clients, la Suisse romande est très mal partie pour faire front commun afin d'offrir aux PME romandes des services électriques coordonnés, bon marché et de qualité.

Pourtant les atouts sont là, des barrages valaisans au dynamisme commercial de Romande Energie, en passant par le pragmatisme fusionnel fribourgeois et neuchâtelois. A cela pourrait s'ajouter le coup de pouce des Forces motrices bernoises, bien introduites sur le négoce international. EOS aurait pu être l'acteur, à l'image d'Axpo, qui assemble le puzzle pour former un pôle économique fort en Suisse et sur le marché international. Hélas, son caractère attentiste et peu visionnaire a facilité le court-circuit.