La position défendue par Arnaud Montebourg, membre de l'opposition française, est sans équivoque. Le député socialiste dénonce la délocalisation des bénéfices. Il attaque de face le gouvernement Raffarin sur ce sujet très sensible. Pour ce faire, il use des libertés rhétoriques propres à sa fonction de parlementaire. Il appelle à un boycott civique du dentifrice Colgate. Et il fustige les pratiques de la Suisse et de Genève. Lesquelles se retrouvent au cœur d'un débat d'abord national.

Car Arnaud Montebourg demande en premier lieu des explications à son gouvernement. Pourquoi aucun responsable politique français n'a cherché à empêcher ni à protester contre le dumping fiscal de Genève? interroge-t-il.

De manière indirecte, il s'adresse à Clara Gaymard, qui préside aux destinées de l'Agence française pour les investissements internationaux. Elle sillonne le monde pour convaincre les investisseurs de venir en France et d'y rester. Au civil, elle est l'épouse d'Hervé Gaymard (UDF), l'ancien ministre des Finances qui a démissionné après la polémique sur son patrimoine immobilier. Si les visées d'Arnaud Montebourg ne sont pas aussi affirmées, une certitude se dégage: son propos est avant tout politique.