Le débat est vif entre les tenants d'un découplage des économies américaine et européenne. Mais là où la séparation apparaît le plus clairement, c'est dans le marché du crédit. Massacrés par la crise des «subprime», les acteurs de cette branche n'osent plus prêter aux débiteurs situés dans les pays les plus affectés, les Etats-Unis évidemment, et le Royaume-Uni, qui payent le prix de l'effondrement de la banque Northern Rock.

Ce découplage apparaît le plus clairement dans les évolutions divergentes des taux courts. Les prêts à quelques jours ou quelques semaines en dollars ou livres sterling deviennent hors de prix car les investisseurs qui les accordent réclament des primes de risques conséquentes.

Tout à l'inverse, le continent européen bénéficie encore de la confiance que lui vaut la solidité de sa conjoncture et la relative immunité de son système bancaire aux «subprime». Il n'est donc pas touché par le «credit crunch» qui se profile chez ses voisins anglo-saxons et pèse déjà sur leur croissance.