Le renversement de la direction d'Eurotunnel est historique. Ce putsch atteste du pouvoir dont disposent les investisseurs individuels. Les assemblées générales ne sont plus de simples chambres d'enregistrement.

Certes, la structure atypique de l'actionnariat d'Eurotunnel a facilité cette rébellion. Les petits porteurs sont en effet largement majoritaires dans le capital de l'entreprise. Ils ont prouvé toutefois leur capacité à s'organiser pour défendre les droits d'investisseurs trop souvent silencieux.

Ce signal fort arrive quelques semaines après le vote de défiance adressé au patron de Disney. 43% des investisseurs (individuels et institutionnels dans ce cas) ont refusé en assemblée générale de renouveler leur confiance à Michael Eisner. L'homme n'est plus président du conseil d'administration, et sa position à la direction du groupe n'est pas des plus confortables. Moment important dans l'histoire de Wall Street.

Le coup de force de mercredi poussera à d'autres actions communes de ce côté-ci de l'Atlantique. Même si la révolte des actionnaires d'Eurotunnel est en partie discréditée par le passé sulfureux de certains de ses meneurs, la démocratie actionnariale avance. Contrepoids nécessaire au bon fonctionnement des entreprises.