Les nouvelles dispositions fédérales et l'envolée du prix de l'électricité sur le marché européen ont bon dos. Les entreprises distributrices sont aussi promptes à augmenter leurs tarifs qu'à en imputer la faute au voisin. Voisin dont elles sont souvent propriétaire minoritaire. Le consommateur désireux de comprendre ce qui lui arrive en mettant son nez dans les comptes publiés par son fournisseur tombera sur une évidence: l'opacité du réseau des relations économiques dans la filière électrique suisse. Une véritable usine à gaz dont personne ne maîtrise l'organigramme et la densité des participations croisées.

On souhaite bonne chance à Carlo Schmid lorsqu'il s'agira d'établir la preuve d'une hausse des tarifs injustifiée. Les forces du marché semblent incapables de générer le décloisonnement indispensable à la transparence des coûts. Si les entreprises ne s'attellent pas à cette tâche l'Etat devra s'en mêler et exiger la séparation physique, et non seulement comptable, entre production, transport, et commerce d'électricité.