Des pertes d'une quarantaine de milliards de dollars, des recapitalisations en chaîne pour un montant similaire: la situation de Citigroup après la crise financière rappelle fortement celle d'un autre géant durement frappé, UBS. Aussi le caractère spectaculaire des mesures annoncées vendredi par le nouveau CEO de la première banque au monde souligne-t-il la prudence, sinon l'attentisme du numéro un suisse.

Là où Citigroup annonce la réduction de près d'un cinquième de son bilan, une mesure exceptionnelle en soi, UBS n'offre que quelques déclarations d'intention concernant sa banque d'affaires. Son unique chiffrage est celui des emplois qui seront supprimés.

Cette différence d'approche tient au rythme des réformes internes. Alors qu'UBS a gardé Marcel Ospel le plus longtemps possible, jusqu'en avril dernier, Citigroup renvoyait en novembre 2007 déjà le président responsable de ses malheurs, Chuck Prince, pour le remplacer un mois plus tard par Vikram Pandit. Ce dernier a eu tout son temps pour dessiner et présenter les lignes de l'avenir, alors que le nouveau président d'UBS, Peter Kurer, en est encore à élaborer ses scénarios.