Tout le monde sourit. La BCV honore sa dette comme annoncé cet été. L'Etat récupère sa mise. Pourtant tout est loin d'être réglé:

1. Comme l'atteste la remontée de son cours de Bourse, qui a plus que triplé depuis avril 2003, la banque a retrouvé une véritable solidité financière. Ses bénéfices se montent à près de 200 millions au 1er semestre. Avec un taux de couverture de près de 160%, un des plus élevés de Suisse, elle nage même dans les fonds propres. Et qu'entend-on? Aucun engagement précis, chiffré sur le remboursement. Ces fonds propres à bon compte, qui viennent des poches des contribuables, pourraient être là encore dans 12 ans! Le «syndrome de l'oreiller», ce coussin confortable de capitaux «au cas où», a encore de l'avenir.

2. Heureux sont depuis hier les détenteurs privés (ils seraient près de 200) de ces bons de participation qui ont renfloué la banque. Car la BCV ne devrait pas racheter leurs titres, ce qu'elle fait pour l'Etat à un prix modeste, mais les convertir en actions. Un bon pour une action. Joli placement puisque le prix d'émission se montait à 92 francs si on le compare au cours de l'action d'hier soir, 198 francs. Espérons qu'il ne récompensera que de vrais preneurs de risques et pas des ayants droit privilégiés.