Le canton de Vaud a décidé d'entrer en conflit avec le Département fédéral de l'économie, la Commission de la concurrence, voire le Tribunal fédéral.

En s'opposant, par tous les moyens juridiques et politiques,

à la libéralisation en cours du marché de l'électricité, les députés vaudois réalisent un double exploit. Ils prennent les entreprises en otage et offrent aux communes une excellente base juridique pour augmenter le prix du courant qui est déjà l'un des plus chers de Suisse.

La présence de l'écusson vaudois frappé des lettres d'or «Liberté et Patrie», en tête du décret qui instaure un monopole pur et dur, frise le ridicule. «Le Conseil d'Etat exerce […] la haute surveillance sur la distribution et la fourniture en électricité», stipule l'article 7. Une commission, rétribuée par une nouvelle taxe sur l'électricité, évalue les tarifs, délivre les concessions et s'assure du maintien du découpage actuel du territoire vaudois entre les entreprises électriques.

Ces dernières, comme leurs clients d'ailleurs, sont pris en otage. En appliquant le monopole, elles sont amendables via la loi sur la concurrence, à hauteur du 10% de leur chiffre d'affaires durant trois ans. Si elles contournent le monopole, l'Etat «Liberté et Patrie» leur colle une amende de 1% du chiffre d'affaires. Merveilleux pays de Vaud!