Rien ne va plus dans le monde pharmaceutique. Les dés sont pipés. Un anticancéreux européen, sur le marché depuis plus d'un an, se révèle inefficace. Etrange. Comme tous les autres médicaments, il a passé d'innombrables tests cliniques, parcouru les labyrinthes d'homologation de la FDA, EMEA et autre Swissmedic. Aux Etats-Unis, la première entreprise pharmaceutique du monde fait de la publicité, qui se révèle aujourd'hui mensongère, sur la sécurité cardio-vasculaire d'un antidouleur. Elle a gonflé ses ventes en tirant profit du retrait d'un produit concurrent. Il est grand temps, au moment où l'instance américaine de contrôle des médicaments est sous les feux de la critique, de réfléchir à une réforme fondamentale du système. Les études cliniques devraient être supervisées par des organisations scientifiques publiques indépendantes. Trop de complaisances, d'études défavorables cachées sous le tapis, de discrètes pressions ont marqué l'actualité pharmaceutique récente. La course au «blockbuster» doit être freinée pour laisser la place à la recherche sereine. Les investisseurs, et les patients, s'en porteront mieux.