Que le rythme d'extraction pétrolière ne parvienne pas à suivre les besoins mondiaux et justifie un prix élevé du baril, personne n'en doute. Mais quel changement brutal dans la scène énergétique a justifié que le prix du baril explose de 7 dollars cette semaine? Quel événement autre que le retournement soudain d'opinion des investisseurs écumant le marché new-yorkais des hydrocarbures? Ces derniers ont été pris d'une frénésie d'achat, afin de couvrir des positions «shorts» - de mauvais paris sur une future baisse des cours.

L'impact de ces financiers, qui ont trouvé dans le pétrole un placement lucratif, pourrait être moins anodin que ne le suggèrent les spécialistes. Entendu par une commission d'enquête du Congrès américain, le gérant de hedge funds Michael Masters, a tenu ces propos sans équivoque. «Vous m'avez posé la question: est-ce que les investisseurs institutionnels contribuent à l'inflation alimentaire et de l'énergie? Ma réponse est un OUI franc. Ceux-ci sont un facteur - si ce n'est le principal - affectant les prix des matières premières».