Jusqu'ici considéré comme «la» monnaie de réserve internationale, le dollar est en train de vaciller. Depuis son lancement en 1999, l'euro progresse dans les échanges, mais ne rivalise pas encore réellement avec le billet vert. En annonçant son intention de diversifier les réserves internationales de son économie, la deuxième du monde, le premier ministre japonais va accélérer le mouvement. Ce qui n'ira pas sans conséquences pour le franc suisse.

Comme le soulignait en milieu de semaine le président de la Banque nationale (BNS), la place du franc recule sur la scène monétaire internationale depuis l'introduction de la monnaie unique. La Suisse tend à tenir un rôle plus en ligne avec le poids de son économie. Si Jean-Pierre Roth constate que l'«euro-isation» du pays n'est pas encore près de se produire, l'élargissement de l'Union européenne contribue à diminuer la place du franc. Cette dynamique se renforce aujourd'hui avec le coup de pouce japonais.

Dans ces conditions, l'autonomie de la politique monétaire, gage de bonne réponse aux besoins de l'économie suisse, semble à terme menacée.