Le gouvernement d'entreprise fait partie des instruments de décision des investisseurs. Une étude de l'Université de Saint-Gall, citée par economiesuisse, montre par exemple que 77% des investisseurs privés ne veulent pas placer leur argent dans une entreprise présentant des déficiences dans ce domaine. L'amende de la Bourse à l'encontre de Zehnder, une première, aura valeur de signal à ce propos.

Mais le «corporate governance» n'est jamais une garantie de réussite. L'excellent classement obtenu par Converium dans l'échelle de rating d'Ethos le souligne une fois de plus. L'analyse de la fondation genevoise répond au besoin de mesures qualitatives et quantitatives de la place financière et permet de progresser à travers un dialogue constructif avec les entreprises. Le rapport d'economiesuisse publié la semaine dernière appuie ce discours: «Le droit des sociétés et son application pratique sont des facteurs déterminants de la compétitivité d'un site économique.»

Les deux organismes diffèrent sur l'objectif ultime. Economiesuisse privilégie une solution flexible et peu coûteuse, Ethos place la barre beaucoup plus haut et s'appuie davantage sur Sarbanes Oxley et les contraintes anglo-saxonnes. D'autres modèles sont également proposés, à l'OCDE et à la Commission européenne par exemple.

Ce jeu concurrentiel est salutaire. Espérons qu'il ne suscite pas d'inutiles désirs d'harmonisation. Car entre-temps, les travaux académiques se multiplient sur le «corporate governance» et beaucoup jettent le doute sur la justification scientifique du modèle américain en la matière. Mieux vaut suivre les progrès de la recherche que de suivre un élan politique.