Il n'y a pas si longtemps, les entreprises européennes pouvaient payer des pots-de-vin pour décrocher des contrats à l'étranger et déduire les millions versés au titre de dépenses sur leur feuille d'impôts. Suite aux pressions des Etats-Unis, pour qui cette pratique représentait une concurrence déloyale, l'OCDE a élaboré une Convention contre la corruption. Le Bâlois Mark Pieth en était la cheville ouvrière. La Suisse, parmi les derniers pays, a ratifié le document en mai 2000.

La lutte contre la corruption des fonctionnaires étrangers n'est toutefois de loin pas gagnée. Pour preuve, plusieurs années après l'entrée en vigueur de la convention, aucun cas n'a abouti à une condamnation. La bonne nouvelle est que graduellement, les révélations se multiplient. Alstom n'est pas le premier à figurer sur le banc des accusés. Dans le même secteur, ABB et Siemens doivent aussi s'expliquer sur des dessous-de-table. Mais le cas le plus spectaculaire est celui de British Aerospace Systems, qui a graissé la patte d'un cheik saoudien pour la vente d'avions de combat. Downing Street a beau essayer d'étouffer l'affaire, il n'y est pas encore parvenu.