La loi des chiffres exige, pour s'imposer, que ceux-ci soient publics. Or dans le cas de la taxation sur l'épargne, le débat est actuellement faussé par les carences statistiques.

La Suisse, qui a rétrocédé à l'UE plus de 480 millions de francs en 2007 au titre de la retenue à la source, n'est pas pour rien entrée très tôt en matière. Impossible, en effet, de discuter de l'échange automatique d'informations fiscales, que la France ou l'Allemagne souhaitent généraliser, sans savoir combien ce dernier rapporte. Surtout lorsque l'on sait que toute information n'est pas exploitable...

Autre inconnue, la donne politique. Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, candidat officieux au poste de premier président du Conseil européen, ne sera-t-il pas en position délicate pour défendre bec et ongles la forteresse fiscale qu'est le Grand-Duché? Et quid de Gordon Brown, plus enclin que Tony Blair à exiger une remise à plat des «trusts» britanniques?

Que dire enfin de la concurrence entre places financières: peut-on raisonner sur la fiscalité de l'épargne sans considérer le flot d'employés et d'institutions financières qui ne manqueront pas d'émigrer avec leurs clients vers Singapour, Hongkong ou Dubai? Le chantier fiscal est celui de la globalisation financière. Avec ses risques. Et ses périls.