On ne peut plus parler de salaire. Prenez la structure de ce que vient de recevoir Valentin Chapero, le directeur général de Phonak. D'une part, 2,4 millions de francs «cash». D'autre part, 500000 options sur les actions de son groupe, d'une valeur totale de 9,4 millions.

Son cas n'est pas isolé. Cette part prépondérante prise par la rémunération en capital par rapport au salaire fixe (quatre fois plus dans le cas de Phonak) signifie que les patrons ne peuvent plus être considérés comme des salariés, mais des actionnaires. A la plus grande joie de ces derniers.

Enlevés au salariat, les patrons voient leur intérêt s'aligner très exactement sur celui des autres actionnaires. C'est d'ailleurs aussi ce que traduit la forte progression des bénéfices.

On peut noter qu'en touchant en une seule année (voire en six mois) de quoi subsister tranquillement jusqu'à la fin de leurs jours, ces patrons ne courent plus grand risque. Nul besoin de parachute doré.

Les salariés ne peuvent pas en dire autant. Finalement, ils se trouvent dans une situation bien plus incertaine. Leur rémunération correspond-elle à ce risque? Elle ne progresse en tout cas pas au rythme de celle de leur employeur.