Les autorités de la concurrence manquent de moyens et d'indépendance vis-à-vis des milieux économiques, note l'OCDE dans son rapport sur la Suisse. Interrogé sur ces faiblesses, Walter Stoffel «fait confiance au législateur» pour renforcer l'indépendance et évacue la question des moyens vers son directeur du secrétariat, comme si c'était un détail administratif.

Cela ne va pas. Un président fort réclamerait à haute voix les effectifs nécessaires pour remplir ses missions, tirerait les conséquences personnelles d'un désaveu politique. Rien qu'en 2007, trois grosses fusions dans le commerce de détail ont absorbé l'essentiel des forces de la division «produits» (12 personnes). Les autres dossiers prennent du retard.

La Comco travaille avec 50 équivalents plein-temps, secrétaires comprises. Ses juristes sont payés deux fois moins que les avocats qui défendent les sociétés sur lesquelles elle enquête. Faut-il s'étonner que ses décisions soient attaquées - avec succès - devant les tribunaux?

Une Comco crédible profite à toute l'économie. Walter Stoffel et Doris Leuthard, cheffe du département dont dépend la commission, ne se battent pas assez pour cela. Jusqu'à quand cette indolence durera-t-elle?