Tous les spécialistes le disent: Jomed était un excellent fabricant de matériel médical, à la pointe de l'innovation. Dotée d'un ensemble cohérent de produits et projets prometteurs dans un domaine où la demande est forte, elle bénéficiait de perspectives très favorables. Alors, pourquoi cette tromperie?

Pour séduire les investisseurs, les sociétés cotées ont été progressivement amenées à afficher des objectifs de croissance de plus en plus ambitieux. C'est ce que Jomed a aussi fait en 2001, pour s'apercevoir ensuite que ses ventes resteraient en deçà des prévisions… et «corriger la fortune» en conséquence.

Outre les aspects moraux, juridiques et de technique comptable que soulève cette triste affaire, comme tant d'autres d'Enron à AOL Time Warner, il serait temps de réfléchir aux effets pervers de l'obsession de la croissance rapide. Néfaste pour les sociétés établies, elle est littéralement létale pour les start-up.