Lorsque à la fin de l'an 2000 les responsables de Sulzer Medica se penchent sur les rares cas de réopérations dues à un défaut dans une prothèse de la hanche, ils commettent une erreur. Ils sous-estiment l'ampleur du problème et croient, de bonne foi, à des cas isolés. Ce sera la seule car, d'emblée, ils reconnaissent leur responsabilité pleine et entière, enquêtent sur l'origine des défectuosités, informent, mettent en place un réseau de soutien des patients.

Tout ce que n'a pas fait Bayer, confronté à une grave crise à la suite du retrait du marché, le 8 août, de l'anticholestérol Baycol/Lipobay. L'entreprise allemande, après avoir tardé à informer l'opinion publique, continue à nier toute responsabilité, même indirecte, dans la mort de 52 personnes, et laisse croire qu'elle veut se débarrasser de son secteur pharma devenu trop encombrant. Sulzer Medica assume et remonte la pente. Bayer s'enfonce en s'obstinant à vouloir faire porter le chapeau aux médecins ou à leurs patients. L'avenir dira très vite qui a raison.