Olivier Steimer, président de la BCV, n'avait pas lu les dernières perspectives économiques de l'OCDE quand il a mis le doigt, lundi soir, sur le risque encouru par les ménages au logement fortement hypothéqué quand les taux d'intérêt remonteront sérieusement.

Or il tombait pile. L'endettement des ménages a atteint un niveau record dans plusieurs pays, en particulier le Royaume-Uni, le Danemark et les Pays-Bas, sans parler bien sûr des Etats-Unis, rappelle l'OCDE dans un chapitre spécial de son rapport paru mardi.

Il n'y a pas de raison immédiate de s'inquiéter. Les taux de défaut sur prêt hypothécaire ont même tendance à diminuer depuis une décennie. Et la majeure partie de l'endettement est le fait des ménages les mieux à même de le gérer.

Mais en cas de forte hausse imprévue des taux - et celle-ci «arrive toujours quand on ne s'y attend pas, dans une proportion qu'on n'a pas anticipée», rappelait lundi le banquier Pierre Darier - les ménages endettés seront doublement touchés, par des remboursements plus importants et une baisse du prix de leur actif immobilier.

Le recours à l'effet de levier s'étant développé dans plusieurs pays, la sensibilité à l'évolution des taux d'intérêt s'est accentuée, écrit l'OCDE. Une raison d'avancer avec prudence en cette fin d'année 2006.