Les scandales financiers qui ont agité les places boursières et les comptes des entreprises ces dernières années en raison, notamment, de liens commerciaux croisés ou trop étroits entre les partenaires de grosses opérations financières ont ouvert les yeux des autorités sur les lacunes de surveillance. La Suisse s'est longtemps contentée de «faire confiance aux professionnels» sur le modèle des fameuses conventions de diligence du monde bancaire. Cette époque est révolue. L'idée d'une surveillance indépendante et efficace, assortie de sanctions officielles infligées aux moutons noirs, a fait son chemin. Un tel système fiable fait désormais partie des conditions-cadres favorables à la place financière helvétique, qui pèse près de 3000 milliards de francs. Ce qui était considéré comme un handicap par de nombreux milieux il y a une dizaine d'années s'est transformé en avantage. Dans ces conditions, on comprend mal la lenteur des autorités à mettre en place une réglementation sérieuse et efficace. Le FMI a mis le doigt, en 2002, sur le risque de soustraire à la surveillance plus de 10% du volume de la place financière suisse en mains des gestionnaires de fortune indépendants. Un scandale dans cette zone grise porterait un rude coup à l'ensemble du secteur financier.