Le conseil d'administration améliore sa position à l'approche de l'assemblée générale. La décision d'abandonner l'«opting out» obligera tout actionnaire qui franchira la barre des 33,3% du capital à lancer une offre sur toutes les actions. Ainsi, le coût d'un rachat s'accroît considérablement pour Mirko Kovats.

Pire, dans son cas, Unaxis pourrait annoncer d'ici à la mi-avril la vente de la division «affichage électronique», un des gros soucis du groupe. Or l'investisseur autrichien désirait précisément prendre le contrôle du groupe pour restructurer ce segment d'activités. Son investissement s'effectue donc dans un objet aux contours de plus en plus incertains, dirigé par un management en mutation perpétuelle.

Certes, le programme de restructuration attendu pour la fin avril devrait aller dans le bon sens. Mais l'histoire de ce groupe est marquée par tant de transformations infructueuses que l'investisseur n'aurait pas tort de signaler son scepticisme. Et surtout, dans un univers high-tech très mobile, un groupe qui consacre tant d'énergie à pareil combat des chefs peut difficilement prétendre renforcer son leadership.

La balle est maintenant dans le camp autrichien. Un échec à l'assemblée générale compliquerait sérieusement sa capacité à ressortir de l'aventure avec un bénéfice. Car, au prix actuel, avec un multiple des bénéfices pour 2006 de près de 30 fois, l'action est nettement surévaluée.