La faconde de Raymond Bär calme les spéculations de rachat initiées mi-janvier par l'annonce du changement de structure du capital. L'action baisse de 3,2%, mais se traite toujours 20% au-dessus de son niveau du début de l'année. Toute velléité de reprise n'est pas anéantie. De toute manière, la sortie d'une partie de la famille n'amène pas l'institut à convoler dans les six mois avec le premier candidat venu.

La création d'une action unique oblige toutefois le management à un parcours sans faute. Une chute du titre, par exemple à la suite d'un mauvais résultat, pourrait signifier la perte d'indépendance d'une banque plus que centenaire. Mais qu'on ne s'y méprenne pas. C'est vrai pour toute société cotée ne disposant pas d'actionnaire majoritaire. Donc aussi pour UBS et CSG. Sa taille rend le gérant de fortune plus accessible à un éventuel acquéreur.

Pour cette raison, le management est condamné à réussir. Il doit atteindre rapidement deux objectifs essentiels, la baisse du ratio coûts/revenus en dessous de 70%, et l'expansion du private banking. La perte nette de 800 millions de francs d'actifs gérés dans cette division constitue un risque majeur pour un établissement réputé pour sa gestion de fortune. Il ne suffira pas à la direction de vanter les mérites de ses autres divisions, comme l'asset management.