«La belle histoire se poursuivra-t-elle?» s'interrogeait mardi un analyste. Serono peut en tout cas se targuer de tutoyer les 500 millions de francs de bénéfice net et d'occuper la position de numéro un européen de la biotechnologie. La firme basée à Genève a clairement peiné en Bourse ces six derniers mois jusqu'à la publication de ses résultats. La raison tenait notamment au fait que les Bertarelli avaient vendu un paquet d'actions l'an dernier au moment où le cours du titre se trouvait à des sommets. La famille souhaitait par mesure de précaution diversifier ses risques. Reste que le marché n'avait pas apprécié et la capitalisation boursière de Serono a fondu d'un tiers sur un semestre.

Qu'en est-il aujourd'hui? Les résultats montrent que le PDG du groupe, Ernesto Bertarelli, et son directeur financier Jacques Theurillat excellent dans leur gestion financière puisque ce sont ces gains qui expliquent en bonne partie l'excellente performance enregistrée en 2000. Tout le monde attend désormais l'équipe de direction sur le terrain industriel. Serono dépend en effet pour environ 25% de ses ventes de son Rebif. Il n'existe pas encore d'indices suffisants pour fonder de grands espoirs sur le pipeline même si les dirigeants du groupe affirment qu'ils vont y consacrer toute leur attention. Serono devra rapidement régler un véritable casse-tête: comment moins dépendre du Rebif alors que dans le même temps la firme mise beaucoup sur l'homologation de ce médicament aux Etats-Unis. La solution pourrait bien passer par des acquisitions ou des joint ventures. Une somme de deux milliards de dollars sera consacrée cette année à ces opérations qui doivent ouvrir de nouvelles perspectives à la compagnie.