Alors que l'on redoutait que le dossier de l'amiante ne précipite ABB vers le pire, l'annonce d'un accord avec les avocats des plaignants lève une partie des incertitudes. Le prix de 1,2 milliard de dollars que consent à payer ABB aux plaignants se situe au bas de la fourchette des prévisions. La société pétrolière américaine Halliburton avait dû se résoudre à payer 4 milliards de dollars pour aboutir à un règlement à ce sujet. Si la probabilité d'un accord global sur l'amiante pour ABB est jugée élevée par une partie du marché, d'autres voix, échaudées par les corrections de prévisions de Jürgen Dormann en octobre dernier, sont plus sceptiques. Un accord sur l'amiante n'en contribue pas moins à résoudre le problème de liquidités d'ABB pour cette année. Le manque de fonds propres et la perspective d'une augmentation de capital restent néanmoins d'actualité. D'autant que la visibilité demeure faible au niveau du programme d'amélioration de la rentabilité opérationnelle (objectif d'une marge de rentabilité de 8%) ainsi que des projets de désinvestissement. Pour l'investisseur conscient de ces risques, la conjoncture reste donc le seul facteur susceptible d'assurer le redressement du groupe helvético-suédois.