Les conseillers fédéraux ont pris l'habitude de se déplacer avec une petite cohorte de journalistes qui, rassurez-vous lecteurs, paient leur voyage, l'hôtel et leurs repas. Le risque de ces opérations répétées est d'exposer le manque de substance quand il devient apparent. C'est le cas de cette visite officielle au Japon.

Un pays de sept millions d'habitants, fût-il d'un poids économique supérieur à celui de sa population, doit bien sûr faire un effort particulier pour exister face à ce qui reste la deuxième puissance économique du monde malgré dix ans de crise et de déflation. Et on ne reprochera pas aux autorités suisses leur manque de persévérance: depuis Jean-Pascal Delamuraz, les contacts à haut niveau avec le Japon sont fréquents.

Le problème, en l'occurrence, tient plutôt à la préparation et au manque d'ambition. La délégation suisse est venue à Tokyo sans objectif central – aucun, en tout cas, qui mérite la fanfare. Elle repartira en se disant qu'il est toujours bon d'entretenir cent quarante ans d'amitié par des entretiens «constructifs». Il n'en reste pas moins que malgré ses propres lourdeurs, le Japon, avec son marché de 120 millions d'habitants – au niveau de vie correct – et ses capacités, mérite mieux que cela.