Voilà revenu le temps des offres publiques d'achat (OPA). On risque bien de vivre une cascade de rachats, tant les conditions cadres sont idéales. Les taux d'intérêt en Europe et aux Etats-Unis n'ont jamais été aussi bas depuis des années, ce qui permet aux entreprises de trouver facilement de quoi financer une acquisition. A cela s'ajoute qu'après trois ans de crise boursière la plupart des sociétés sont sous-évaluées. Le cours de leur action est encore bas, mais les premiers frémissements d'une remontée incitent les sociétés les plus solides à rapidement faire des acquisitions.

L'offre d'Alcan sur Pechiney survient quelques semaines seulement après celle du numéro deux des logiciels, Oracle, sur son concurrent PeopleSoft. Un fort mouvement de concentration s'amorce pour le plus grand bonheur des banques d'affaires, médiatrices de ce genre de transactions.

Auront-elles tiré les leçons des amendes salées que les autorités de surveillance leur ont infligées pour n'avoir pas traité tous les actionnaires sur un pied d'égalité? Pas sûr. Les armes restent inégales. Les banques d'affaires continueront à favoriser les gros chasseurs.