En faisant disparaître la décote induite jusqu'ici par le contrôle majoritaire de la famille fondatrice, la simplification de la structure actionnariale aura pour effet de mieux valoriser les actions Julius Bär. Mais le bond de 20% enregistré par le titre depuis le début de l'année est alimenté essentiellement par des spéculations de rachat. Si les dirigeants de la banque de gestion privée zurichoise veulent profiter de cette remontée pour acquérir un établissement à meilleur compte, ils doivent donc agir rapidement. Les changements annoncés hier masquent mal en effet les incertitudes qui planent encore sur un groupe bancaire en panne de croissance dans le private banking. Motivé par des divergences de vues sur la stratégie, le départ précipité d'un membre de la famille, en charge précisément du private banking, s'ajoute aux incertitudes. Le retour de manivelle risque alors d'être brutal. En acceptant de perdre sa majorité de contrôle, la famille fondatrice expose théoriquement le groupe à un rachat inamical par un repreneur potentiel à l'affût d'une faiblesse passagère du titre. Parfaitement conscients de ce risque, les dirigeants de Julius Bär disposent sans doute dans leur carquois d'un projet d'alliance ou d'acquisition en Suisse. Ce qui devrait assurer l'indépendance du groupe et éloigner les prédateurs non souhaités pendant un certain temps.