Il n'aura pas fallu plus de deux mois au hedge fund TCI, qui réservait lundi ses commentaires sur la fusion Barclays-ABN Amro, pour parvenir à ses fins. Ou à tout le moins pour que sa critique acerbe de la manière dont la première banque des Pays-Bas était dirigée ne contribue à enterrer à tout jamais son indépendance.

Le succès de la fronde initiée par le fonds activiste le 20 février, alors qu'il ne revendiquait que 1% du capital d'ABN Amro, est patent. Depuis cette date, l'action de la banque, atone ces dernières années, a bondi de 38%. Plus significatif encore, en brisant certains tabous, TCI a ouvert la perspective d'une nouvelle ère dans la banque européenne.

Car si le pouvoir des activistes a déjà fait ployer plus d'une entreprise industrielle, c'est bien la première fois en Europe qu'un établissement financier, certes en perte de vitesse sur la concurrence mais financièrement solide, s'incline sous la pression de ses actionnaires.

TCI s'est aussi fait l'instigateur d'une idée inédite sur le Vieux Continent, qui ne s'éclipsera pas de sitôt. Celle du démantèlement d'un mastodonte bancaire comme alternative acceptable à un rapprochement.