Le conseil d'administration de Converium, une semaine avant les résultats, a changé de président de la direction, «pour accompagner la transformation du groupe». Le nouvel élu, Terry Clarke, qui dit avoir été «surpris», est chargé de rétablir la confiance et, priorité absolue, d'améliorer la note du réassureur auprès des agences de rating.

Bon connaisseur de l'industrie, il nous paraît souvent «surpris». Bien qu'administrateur du groupe, il n'a pas perçu le défaut de réserves sur les affaires souscrites à la fin des années 90. Il était pourtant aux premières loges: membre du comité d'audit, du comité de nomination et du comité de rémunération. Certes il dépend de la qualité des informations fournies. Mais son travail de persuasion s'annonce compliqué. Son désir de conserver la double casquette d'administrateur et de CEO est d'ailleurs discutable.

En fait, le cœur du problème de Converium est managérial. Il supprime 20% de ses effectifs pour réduire ses coûts au même rythme que ses recettes. Mais, en même temps, il souffre d'un cruel déficit en experts dans le contrôle des finances et de la réassurance. Terry Clarke le reconnaît lui-même. C'est l'un des travaux les plus urgents en 2005 s'il veut satisfaire à la loi Sarbanes-Oxley. On peut se forger une chimère et considérer l'abondance de fonds propres de Converium. Et effectivement, le réassureur est surcapitalisé, pour mieux plaire aux agences de rating. Mais l'avenir du groupe, qui est à la recherche d'un directeur financier, se jouera ailleurs, dans sa capacité à attirer les meilleurs experts.