Lombard Odier minimise le phénomène, mais c'est une véritable rupture avec le passé que le banquier privé a provoquée en nommant une femme associée-gérante. C'est un peu comme si l'Eglise catholique permettait l'accès des femmes à la prêtrise. Il est toujours désagréable de s'attarder davantage sur le sexe que sur la personne, mais qui peut ignorer le pas en avant que constitue cette décision et l'impact, en termes d'image, pour la banque? Au-delà de son caractère exceptionnel, cette ouverture ne fait que consacrer une évolution déjà reconnue et entamée par les banquiers privés: face à la sophistication croissante du client et des produits notamment, il n'est plus possible, pour des établissements qui tiennent à leur structure juridique, de faire reposer le destin d'établissements sur les seules têtes des descendants (mâles) d'illustres familles, dévoués aux grandes orientations stratégiques. Dans cette réflexion, Lombard Odier a une longueur d'avance. Hier, elle créait une fonction de CEO. Aujourd'hui, elle ouvre la porte du collège à l'autre moitié du genre humain. Et demain, elle espère pouvoir faire appel à des associés domiciliés à l'étranger.