La décision de la Commission de la concurrence, fondée sur une argumentation d'une clarté pédagogique, est équilibrée. Elle constate la position dominante de Swatch-ETA dans les ébauches de montres mécaniques et oblige le groupe horloger à poursuivre ses livraisons jusqu'en 2010. Pendant cette période, la Comco gardera un œil sur d'éventuelles hausses de prix abusives.

La date butoir de 2010 donne aux clients d'ETA six ans – huit depuis l'ouverture de l'enquête – pour créer une autre filière d'approvisionnement. Ils devront d'ici là investir et probablement regrouper leurs forces, faute de quoi ils retomberont dans la dépendance qu'ils ont dénoncée, sans recours possible cette fois. La Comco admet ainsi un argument de Swatch Group, à savoir que le marché ne peut être artificiellement figé.

Cela aussi paraît pertinent. La structure actuelle est héritée des années 30, quand la Confédération avait aidé, en temps de crise, les horlogers à mettre sur pied un approvisionnement national d'ébauches. Leur situation est très différente aujourd'hui (voir les excellents chiffres d'exportations publiés jeudi) et ne justifie plus une protection infinie de l'Etat.