Le redressement de la rentabilité opérationnelle du groupe ABB dans les deux métiers où il excelle, les techniques de l'énergie et la robotique (automatisation), a impressionné la communauté financière. Si la croissance en monnaies locales laisse encore à désirer, celle des commandes illustre l'amélioration générale du climat d'investissement. Mais le résultat final a été grevé par les lourdes pertes des activités à céder, y compris des moins-values essuyées sur la vente de sociétés non stratégiques. On pourrait reprocher à Jürgen Dormann d'avoir voulu faire table rase des boulets du passé pour présenter ses deux métiers phares sous un jour plus favorable, ou plutôt d'en renforcer les chances. Cette attitude est pourtant judicieuse. Autant améliorer ce qui peut l'être plutôt que de se laisser tétaniser par des facteurs extérieurs encore à la merci de surprises, comme le dossier de l'amiante aux Etats-Unis.

Les incertitudes qui planent sur une société induisent, certes, une certaine décote, en d'autres termes une diminution de sa valeur. Mais l'essentiel consiste à se concentrer sur sa valeur intrinsèque et de la rehausser. Les difficultés ne doivent pas occulter le fait que ABB demeure le premier fournisseur mondial dans les techniques de l'électricité et de l'énergie. Ni l'empêcher de travailler à l'heure où une forte demande a été observée, notamment en Asie.