Après trois années insatisfaisantes, 1,8 milliard de francs de pertes, une division par deux de la flotte et plus de 4000 suppressions d'emplois, le strip-tease de Swiss se poursuit.

Bientôt, il ne restera que la marque. L'exercice en valait-il la peine?

A la lumière des objectifs initiaux, le bilan de Swiss est très médiocre. La NZZ de samedi est d'avis que la politique a trop investi sur de mauvaises structures; en même temps, si l'Etat n'était pas intervenu, le choc aurait sérieusement mis à mal l'aéroport de Zurich, les liaisons intercontinentales et les sous-traitants.Le plus grand programme d'emplois jamais réalisé dans notre pays n'aura fait que ralentir un inéluctable ajustement structurel. Créée selon la célèbre formule 26-26-82, la flotte ne compte plus que 18 long-courriers, 23 moyen-courriers et 24 court-courriers.

La réalité économique a remis à sa place certaines ambitions politiques. En Europe, l'incroyable ascension des compagnies à bas coût montre que le marché fonctionne encore mieux qu'on ne le pensait en 2001, lorsqu'on craignait de voir la Suisse perdre ses liens avec le monde. Par contre, les lignes intercontinentales abandonnées par Swissair et Swiss n'ont pas attiré une grande demande.

Le choc de la non-existence de Swiss aurait coûté davantage qu'une intervention visant à ralentir un inévitable ajustement structurel.L'exercice a donc été mal géré, mais la revente à Lufthansa, sous de bonnes conditions, pourrait redonner du sens à cette malheureuse intervention.