Pour la direction de Swiss, l'accord trouvé avec les dirigeants de Swiss Pilots lève une importante hypothèque à sa survie. La fin de ce conflit constitue un préalable indispensable à la recherche de nouveaux fonds et d'un allié. Certes, il faudra encore convaincre l'ensemble des pilotes de l'ex-Crossair et parvenir à des résultats satisfaisants avec les autres syndicats de personnel. On peut néanmoins déjà parler d'une première victoire pour la compagnie, et s'il doit y avoir un mérite, il revient à Swiss Pilots. Mais elle a le goût amer de l'injustice. D'abord parce que l'égalité de traitement des deux corps de pilotes devant les licenciements était un droit reconnu par la justice. Ensuite, et quels qu'aient été les sacrifices des anciens Swissair, notamment en matière d'emploi, ils sortent malgré eux vainqueurs des récentes négociations. Aujourd'hui, le syndicat de ces derniers, Aeropers, n'exclut plus une collaboration avec Swiss Pilots, après des mois de haine. Au vu du contexte actuel, cela s'apparente à un vœu pieux.