La lutte autour de l'acquisition de Centerpulse tourne à l'absurde. Les spéculations de responsables, qui se prennent pour des joueurs de casino proches du jackpot, ont fait monter en flèche le cours de l'action de 240% en un an. Il est aujourd'hui supérieur de plus de 5% à l'offre, pourtant généreuse, faite en mai par Zimmer. Ce jeu purement financier, susceptible d'enrichir un petit nombre d'actionnaires et de dirigeants, a un goût amer pour les centaines d'employés qui se sont battus et ont cru de bonne foi à l'avenir de l'entreprise suisse lorsqu'elle luttait aux Etats-Unis, pour échapper à la faillite suite aux procès consécutifs à la vente d'un lot de prothèses défectueuses. Cette foire d'empoigne démontre que la cinquième entreprise mondiale d'orthopédie dispose d'une forte valeur intrinsèque qui lui permet d'imposer, par ses propres moyens, le savoir-faire helvétique sur le marché mondial et d'envisager une consolidation à son profit. Dès lors, pourquoi, ou plutôt pour qui, vendre?