Commerzbank veut croître auprès des PME romandes exportatrices

Banque La filiale suisse de l’institut allemand inaugure ce jeudi son nouveau bureau à Lausanne

Elle vise d’abordles petiteset moyennes entreprisesavec des ventesd’au moins 15 millions de francs

En Suisse, Commerzbank a opté pour une stratégie différente de celle adoptée par la plupart des autres banques étrangères présentes sur sol helvétique. L’institut allemand mise sur les activités de banque commerciale plutôt que celles de gestion de fortune. Etabli en Suisse depuis 1985, l’institut a abandonné les activités avec la clientèle privée en 2008.

A partir de 2011, il a en revanche effectué une rapide expansion dans les activités de financement des entreprises. La banque cible en particulier les petites et moyennes entreprises (PME) tournées vers l’exportation avec un chiffre d’affaires annuel supérieur à 15 millions de francs. L’institut, qui emploie 110 personnes en Suisse, prévoit de doubler ses effectifs à environ 200 collaborateurs à moyen terme. En plus de la centrale suisse basée à Zurich, Commerzbank dispose de six bureaux régionaux à travers le pays, comme elle l’a annoncé à fin 2013.

La banque est désormais aussi présente à Lausanne où aura lieu jeudi soir la cérémonie d’ouverture officielle de l’antenne romande. Depuis avril, elle compte quatre collaborateurs basés dans la capitale vaudoise. En tout, dix employés de Commerzbank sont actifs sur l’ensemble de la Suisse romande. Pourquoi Lausanne plutôt que Genève? Deux arguments ont fait pencher la balance en faveur de la capitale vaudoise. «D’une part, la situation géographique centrale de Lausanne qui permet de se rendre rapidement en Valais ou à Neuchâtel, par exemple. D’autre part, Commerzbank vise avant tout le segment des PME, qui ne sont pas particulièrement concentrées à Genève», a expliqué au Temps Raffaele Leonetti, le directeur de Commerzbank pour la Suisse romande.

Y a-t-il encore de la place en Suisse pour un institut étranger dans le domaine du financement des entreprises? Raffaele Leonetti en est convaincu: «Les banques cantonales et Raiffeisen ont une offre très complète de services et sont très bien implantées auprès des PME. En revanche, elles disposent d’un réseau plus restreint que Commerzbank à l’international. A l’inverse, les grandes banques internationales sont très actives sur le plan international mais leur offre de services s’adresse davantage aux multinationales qu’aux PME. Enfin, UBS et Credit Suisse ont une offre limitée pour accompagner les PME suisses à l’étranger», déclare le banquier qui a aussi travaillé auparavant pour Société Générale et JPMorgan.

«Commerzbank est présente avec 70 implantations dans plus de 50 pays et dispose d’un réseau de 5000 banques partenaires à travers le monde», poursuit-il. Grâce à ce réseau, une entreprise suisse peut directement traiter avec la banque partenaire de Commerzbank du pays où son client est basé, sans avoir besoin de chercher encore un autre institut intermédiaire.

Pas question de brader les prix des services proposés, souligne le Suisse qui a dirigé deux ans les activités d’une banque commerciale en Allemagne. «En Suisse, nos clients accordent avant tout de l’importance à la qualité du service. Nos prix ne seront pas meilleur marché que ceux de la concurrence», souligne-t-il. Si les prix ne sont pas inférieurs à la concurrence, les entreprises clientes peuvent néanmoins économiser certains coûts grâce à la densité du réseau de contacts proposé par la banque, juge-t-il.

Par segment d’activité, les PME romandes s’intéressent pour l’essentiel aux mêmes marchés qu’ailleurs en Suisse, même si l’horlogerie et les matières premières occupent une place plus importante que dans le reste du pays. Dans ce dernier segment, Raffaele Leonetti indique que Commerzbank collabore avec des firmes qui travaillent réellement avec les matières premières, non pas celles qui s’occupent d’activités uniquement spéculatives liées à ce secteur. L’établissement propose par exemple des solutions pour se prémunir contre les variations de cours sur les matières premières.

Pour la suite, la banque adaptera ses effectifs à Lausanne en fonction de l’évolution de la demande des clients. «Rien n’est gravé dans la pierre», précise-t-il.

«UBS et Credit Suisse ont une offre limitée pour accompagner les PME suisses à l’étranger»