Le commissaire Jyrki Katainen est attendu sur le terrain de l’emploi

Europe Lors de son grand oral, l’homme fort de la Commission Juncker a défendu la politique d’austérité

L’ancien premier ministre finlandais veut avant tout rétablir la confiance en Europe

Jyrki Katainen, 42 ans, sera l’un des hommes clés de la nouvelle Commission européenne. Le Finlandais a démissionné de son poste de premier ministre cet été pour remplacer son compatriote Olli Rehn comme commissaire aux Affaires économiques et monétaires. Son nom était cité avec insistance pour prendre la relève d’Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen. Il occupera, au sein de l’exécutif européen, l’une des sept vice-présidences et sera chargé du portefeuille Croissance, emploi, investissement et compétitivité.

Autant dire que l’homme était très attendu mardi lors de son grand oral devant le Parlement européen. Aux yeux des conservateurs, Jyrki Katainen est presque l’homme providentiel. Partisans de la discipline financière et du frein à l’endettement au sein du Parlement, ils espèrent que l’ancien premier ministre finlandais apportera son expérience pour sortir l’économie européenne de l’ornière. Secrètement, ils se félicitent du fait qu’il sera le supérieur hiérarchique du socialiste français Pierre Moscovici, préposé aux Affaires économiques et monétaires, fiscalité et douanes. Réponse de l’intéressé: il veut mettre les différences de côté et tirer à la même corde pour rétablir la confiance en Europe. «Je demande de travailler ensemble sur ce qui nous unit», a-t-il ajouté.

Plusieurs députés socialistes et verts ont mis le probable vice-président de la Commission en garde contre toute nouvelle politique d’austérité qui, selon eux, a augmenté les inégalités au sein des populations et entre Etats.

«Je ne me reconnais pas dans la façon dont j’ai parfois été dépeint, a-t-il répondu. La Finlande n’est pas le Far West, a dit Jyrki Katainen. Mon pays dispose d’un «puissant filet de sécurité sociale, d’un faible niveau d’inégalités et d’un système éducatif très apprécié.»

«Je suis conscient que les programmes» d’austérité imposés aux pays en difficulté ont exigé et exigent toujours beaucoup de sacrifices, a-t-il répondu à une interpellation. Mais j’ai signé pour ces programmes parce que je pensais que c’était nécessaire pour l’Europe.» Il n’a pas caché son intention d’exiger la poursuite des réformes, tout en prenant en compte leur impact social.

Jyrki Katainen aura la charge de mobiliser les 300 milliards d’euros pour fin janvier 2015, promis par Jean-Claude Juncker lors de son discours programme, début septembre. Selon lui, le pire de la crise est derrière et la confiance, nécessaire pour mobiliser les investissements privés au profit de l’économie réelle, commence à revenir. «Les obligations liées à des projets d’infrastructures pourraient être une réponse, a-t-il poursuivi. Nous devons tirer les leçons de nos expériences dans ce domaine.» Les investissements seront dirigés vers l’infrastructure, l’éducation et l’énergie.

Jyrki Katainen est conscient qu’il est attendu plus particulièrement sur le terrain de l’emploi. Le taux de chômage s’élève à présent à 12% dans l’Union. La situation est pire chez les jeunes de 17 à 25 ans, où il dépasse les 25%. En Grèce, en Espagne et au Portugal, un jeune sur deux n’a pas de travail.

«Je ne me reconnais pas dans la façon dont j’ai parfois été dépeint. La Finlande n’est pasle Far West»