Le Parlement européen a refusé mercredi de valider la nomination de l’ex-premier ministre slovène Alenka Bratusek au poste de vice-présidente de la Commission européenne chargée de l’énergie. Il a en revanche donné son feu vert au Français Pierre Moscovici ou au Britannique Jonathan Hill.

La nomination de Mme Bratusek, critiquée pour s’être auto-désignée avant de quitter son poste de chef du gouvernement, a été rejetée par 112 députés contre 13, et deux abstentions. Cette ancienne première ministre libérale est la première candidate à être écartée. Elle a payé à la fois une audition qui n’a pas convaincu et des marchandages politiques entre la droite et les socialistes européens.

Le premier ministre slovène, le centriste Miro Cerar, a indiqué que Ljubljana proposerait un ou une nouvelle candidate dans «deux à trois jours». Il a dit «regretter» que son pays ait «gâché une occasion unique d’occuper une position clé dans la Commission» présidée par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker.

Moscovici passe la rampe

L’ancien ministre français de l’Economie et des finances Pierre Moscovici a en revanche reçu l’approbation du Parlement européen pour prendre le portefeuille des Affaires économiques dans la future Commission.

Les trois commissions du Parlement appelées à se prononcer (affaires économiques, marché intérieur et commerce) ont approuvé sa désignation comme commissaire par 44 voix contre 12, avec trois abstentions. Et M. Moscovici a été jugé apte à assurer le portefeuille aux Affaires économiques par 32 députés.

Quinze ont voté contre, et 12 se sont abstenus, attestant des doutes au sein de la droite européenne sur la capacité de l’ex-ministre français des Finances à juger avec impartialité de l’état des finances françaises.

Marchandages

Le feu vert des députés à la nomination de l’ancien ministre socialiste des Finances était quasiment acquis après celui obtenu plus tôt dans la soirée par le conservateur espagnol Miguel Arias Canete pour le portefeuille Climat et énergie.

Le groupe conservateur du PPE avait en effet mis le sort de M. Moscovici en balance avec celui de M. Arias Canete, au centre d’une vive controverse pour de possibles conflits d’intérêt en raison de ses liens avec l’industrie pétrolière.

Ancien député du Doubs, Pierre Moscovici est appelé à devenir un partenaire important pour la Suisse dans la future Commission européenne.

Au niveau de l’UE, il devra travailler en étroite coordination avec deux vice-présidents conservateurs, le Finlandais Jyrki Katainen, chargé de la Croissance et de la compétitivité, et le Letton Valdis Dombrovskis, chargé de la zone euro.

M. Katainen a également reçu le feu vert du Parlement mercredi, par 123 voix contre 40. Celui concernant M. Dombrovskis, prévu plus tard dans la soirée, ne faisait guère de doute.

Hill accepté lui aussi

Dernier candidat sur la sellette, le conservateur britannique Jonathan Hill a lui aussi passé la barre avec 45 voix contre 13. Il avait été astreint à un oral de rattrapage par les eurodéputés après une première audition qui n’avait pas convaincu de ses capacités à prendre en charge le portefeuille des Services financiers.

La seule autre victime du Parlement européen est le Hongrois Tibor Navracsis, accepté en tant que commissaire mais dont les députés ont demandé une révision des compétences. L’ancien ministre de la Justice de Viktor Orban avait été désigné pour l’Education, la culture et la citoyenneté. Il pourrait être privé de la Citoyenneté.

L’ensemble de la Commission Juncker doit se soumettre à un vote d’investiture du Parlement européen le 22 octobre.