C’est comme si Nestlé avait réussi son examen. A la découverte de la performance trimestrielle du numéro un mondial de l’alimentation, jeudi, les juges – les investisseurs et les analystes financiers – lui ont adressé une salve de bonnes notes. Dans l’après-midi, l’action de Nestlé progressait de quelque 3%, portant sa progression à 15%, depuis un plancher atteint le 26 février dernier.

«Quel coup d’éclat». «Un rythme incroyable». «Nestlé procure du plaisir». Il faut dire que les observateurs les plus avertis ont choisi des termes dithyrambiques. «Ses fondamentaux ont rarement été aussi forts», admire Jean-Philippe Bertschy, analyste de Vontobel, qui s’attarde notamment sur la capacité retrouvée de Nestlé à augmenter ses prix dans les pays développés. Une première depuis deux ans.

Pour ses confrères de Morgan Stanley, plus mesurés dans leur vocabulaire, il y a déjà une certitude: au vu des chiffres présentés, il est très probable que la croissance organique de Nestlé sur l’ensemble de 2021 soit «très largement supérieure à 4%. Elle pourrait même dépasser 5%.»

Ce chiffre de 5%, c’est l’objectif que Nestlé s’est imposé à lui-même, à moyen terme. Sa croissance organique, indicateur le plus suivi, et qui permet de mesurer ses ventes hors effets de changes et cessions ou acquisitions, a atteint 7,7% au premier trimestre. C’est deux fois plus que les prévisions des analystes.

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Le chiffre d’affaires n’a, lui, progressé que de 1,3%, à 21,1 milliards. La force du franc et la poursuite du nettoyage de son portefeuille ont ralenti sa progression. Dans le détail, celle-ci a été soutenue par ses activités dans le café. Nespresso affiche des ventes en hausse de 15%, à 1,57 milliard de francs, à fin mars.

Nestlé est un «must-have»

Les produits laitiers ont également enregistré une croissance à deux chiffres, tout comme les plats préparés, les aides culinaires, ou encore les produits végétariens, un des segments dans lesquels le groupe investit pour s’adapter aux nouvelles habitudes de consommation. La nourriture pour animaux continue elle aussi sur sa lancée.

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Une année après le début de la pandémie, Nestlé note également le maintien de la dynamique de l’e-commerce, avec une ascension de 39% des ventes, par rapport à fin mars 2020. Nestlé gagne désormais 1 franc sur 7 sur internet. La consommation de produits hors domicile, qui a particulièrement souffert des fermetures des restaurants ou des cantines d’entreprise, montre «de premiers signes d’amélioration», observe le directeur général Mark Schneider, dans le communiqué du groupe. Les ventes de ce segment sont tout de même en baisse de 11% à fin mars, après avoir chuté de 30% l’an dernier.

Cela n’a pas empêché les analystes de s’enthousiasmer. Depuis 2011, souligne Jon Cox, de Kepler Cheuvreux, cité par l’agence Reuters, Nestlé n’avait jamais affiché une telle dynamique. Les experts estiment que la multinationale que s’attelle à réorienter Mark Schneider depuis sa nomination en 2016 n’a jamais semblé aussi bien positionnée dans un secteur alimentaire en pleine mutation. Pour les investisseurs, conclut l’analyste de Vontobel, c’est un titre à ne pas manquer. Nestlé est «un must-have».

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