Fintech

Les communes romandes se financent enfin sur le Web

Loanboox, une plateforme de crédit pour les municipalités, a étendu son offre au marché francophone. En dix mois, la start-up zurichoise a permis aux collectivités publiques du pays d’emprunter 3,2 milliards de francs. Elle doit lancer ses services en Allemagne

Loanboox fait un carton outre-Sarine. Elle a permis à des collectivités publiques d’emprunter 3,2 milliards de francs. Plus facilement et moins cher qu’à travers un financement classique. La fintech zurichoise surfe sur ce démarrage en grande pompe et se déploie, depuis ce printemps, en Suisse romande. Elle compte déjà parmi ses clients la moitié des cantons de la région.

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«La demande est importante», précise Sarah Tinguely, responsable romande de la start-up. Plus de deux cents communes ont aussi été contactées, «dont la moitié en face-à-face, pour des demandes de financement allant de 500 000 à 50 millions de francs», indique-t-elle.

De l’argent en cinq clics

Cette nouvelle plateforme met en relation les preneurs de crédit, tels que les communes, les villes ou les cantons, avec des prêteurs comme des assurances, des caisses de pension ou des banques. «Notre objectif est d’accélérer le processus d’appel d’offres et de le rendre plus transparent», précise Sarah Tinguely. Loanboox permet également de réduire le nombre d’intermédiaires et donc de diminuer les coûts. «En passant par un courtier, la commune n’a pas une vision globale du marché et des frais lors du transfert d’argent», souligne-t-elle.

La demande de financement se fait en cinq clics. «Traditionnellement, la commune ignore qui lui fait crédit. Nous, nous affichons les noms des prêteurs», résume Sarah Tinguely. Si l’offre est acceptée, Loanboox prend une commission de 0,01%. La plateforme se dit indépendante. «Les banques sont nos clients et non nos partenaires», insiste Stefan Mühlemann, le fondateur et directeur général de Loanboox.

L’effet taux négatifs

La start-up dit fédérer une centaine de bailleurs de fonds. «Trois cent cinquante collectivités publiques sont déjà actives sur la plateforme», indique Stefan Mühlemann. A ce stade, la start-up zurichoise détient, en termes d’habitants, «50% de parts de marché des communes du pays», assure-t-il.

La recette de ce succès repose, selon lui, sur la proximité. Mais aussi sur les taux d’intérêt négatifs. «Nous sommes peut-être une plateforme numérique, mais nous rencontrons régulièrement nos clients, car nos meilleures idées viennent d’eux», indique-t-il. Et d’ajouter: «Les taux négatifs sont une source de pression pour les prêteurs, qui cherchent alors à investir.»

Implantation offensive

Il y a deux ans, Stefan Mühlemann était consultant auprès des preneurs de crédit. Il a abandonné son poste après avoir remarqué un manque de transparence et un besoin pour les communes d’avoir accès aux meilleures conditions du marché. Avant de lancer son entreprise en démarrage, cet ex-employé d’une banque bâloise a rencontré une trentaine de communes et de prêteurs pour recueillir leurs réactions. L’examen a duré un an et demi.

Autre test important: s’internationaliser. «La demande est très forte en Europe. Il nous faudra adapter la plateforme selon le pays, aux différentes législations et utilisations», relève Stefan Mühlemann. Ainsi, dans les prochaines semaines, Loanboox sera mis en service en Allemagne. «Des employés sont en train de rencontrer les clients potentiels», précise-t-il. Une implantation stratégique, voire offensive, car le marché germanique accueille déjà deux concurrents: Commnex et Firstwire. «A notre connaissance, nous n’en avons pas d’autres sur le continent ou à l’étranger», confie-t-il.

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