Pour ses premiers résultats après la fusion des français Vivendi, Canal+ et de l'américain Seagram le 8 décembre dernier, le numéro deux mondial des médias derrière AOL Time Warner a annoncé mercredi un chiffre d'affaires en hausse de 36,5% à 41,7 milliards d'euros pour l'exercice 2000. Ce chiffre est pour l'instant provisoire et l'ensemble des résultats sera communiqué début mars. Les activités environnement, dont Vivendi Universal entend se défaire à terme, médias et télécoms ont réalisé à elles seules 40 milliards d'euros.

Jean-Marie Messier, PDG du groupe, a relevé que «les chiffres pour l'exercice 2000 traduisent une hausse considérable de l'activité de Vivendi Universal dans la communication». Cette dernière, qui regroupe les activités télécoms et médias, a connu un total des ventes de 13,6 milliards d'euros, en progression de 63%, intégrant Canal+ sur 12 mois contre 3 mois en 1999. A périmètre et change constant toutefois, la croissance s'est établie à 19%. Selon Stéphanie Rheinboldt, analyste chez Lombard Odier & Cie, les ventes dans le secteur des médias sont meilleures que prévu tandis que les activités télécoms ont généré un chiffre d'affaires légèrement en dessous des attentes.

Les télécoms ont contribué pour 5,3 milliards (35,1% dont 31,7% de croissance interne) au chiffre d'affaires du groupe. Au sein de cette division, Cegetel a réalisé des ventes pour 5,1 milliards d'euros (+31,5%), l'essentiel étant à l'actif du téléphone mobile (4,6 milliards d'euros). Le nombre d'abonnés a progressé de 38,3% à 10,2 millions au 31 décembre 2000.

Pour Vivendi Environnement, le chiffre d'affaires s'est élevé à 26,4 milliards d'euros en 2000, en hausse de 26% par rapport à 1999. L'augmentation, selon le groupe, résulte de la croissance interne (10,5%) et de l'impact, en année pleine, des acquisitions de 1999, avec principalement US Filter, intégré pour 8 mois en 1999 contre 12 en 2000. La part réalisée à l'étranger a représenté 15,3 milliards d'euros, soit 58% du total, en progression de 39,4% dont 13,3% de croissance interne.

Vivendi Universal devrait, grâce à un niveau important de cash, procéder à des acquisitions aux Etats-Unis, relève l'analyste de la banque genevoise. Actuellement en effet, la société est peu présente outre-Atlantique dans la distribution, Seagram ayant apporté dans la corbeille de la mariée du contenu, comme les studios Universal ou l'éditeur de musique PolyGram. Le marché imagine par exemple volontiers un échange d'actifs entre la participation de Vivendi Universal dans BSkyB, dont Vivendi Universal devrait se détacher, et celle de l'américain Liberty Media dans USA Network.

Il faudra attendre le 9 mars pour connaître l'ensemble des résultats pour l'exercice 2000 et obtenir des informations sur les évolutions prévues pour 2001. Jean-Marie Messier a toutefois déjà annoncé que «Vivendi Universal entre dans sa première année de pleine activité avec de très fortes perspectives de croissance et un bilan très solide.» Pour Stéphanie Rheinboldt, il ne faut toutefois pas attendre grand-chose quant à l'évolution de l'action cette année. Car la visibilité sur le titre est encore floue. L'intégration des trois sociétés joue un rôle à cet égard comme la complexité de la structure du groupe.