Témoin de l'engouement croissant pour les valeurs TMT (télécoms, médias, technologie), la foule venue écouter, mardi, la présentation d'un fonds de placement Clariden spécialisé dans les entreprises de communication était plus nombreuse qu'à l'habitude, de l'avis de plusieurs participants. Il faut dire que le secteur reste séduisant. Plusieurs banques ou compagnies d'investissement lancent encore aujourd'hui des fonds dédiés aux nouvelles technologies. Pour ne citer que quelques exemples, l'UBP a sorti son fonds high-tech en décembre et Fleming a présenté un nouveau fonds technologique européen en février. Clariden elle-même expliquait la semaine dernière disposer d'un nouveau Software Equity Fund depuis le début de l'année. En dépit des risques de correction boursière, les établissements bancaires sont alléchés par les perspectives de gains promises par le secteur. Il n'est en effet pas rare qu'un gestionnaire de fonds annonce des performances supérieures à 70% sur une année.

Michael Tyler, vice-président de Wellington Management Company, basée à Boston, gère le Clariden Communications Equity Fund pour le compte de la banque Clariden. Sa présence à Genève n'était pas dictée par le lancement de cet outil financier qui existe depuis presque deux ans. Mais c'était l'occasion pour le gérant de rappeler avec le recul la performance du fonds et d'exposer son avis sur le segment de la communication dans le monde.

Depuis ses débuts, le 24 août 1998, le Clariden Communications Equity Fund, axé sur les grandes capitalisations, a affiché une progression annuelle de 87% tandis que l'indice de référence, le MSCI Telecommunications, s'est apprécié de 50%. Ce très bon résultat n'est pas uniforme: il a en fait suivi l'évolution des valeurs TMT depuis 1998 dont la croissance s'est accélérée en 1999.

Plus de 60% du fonds est investi dans la téléphonie et 23% dans les liaisons sans fil, un secteur plein d'avenir, selon Michael Tyler. Offrant régulièrement de nouveaux services, les téléphones mobiles disposent de potentialités que l'on ignore encore aujourd'hui, estime-t-il. L'offre élargie de prestations à venir et le caractère bientôt incontournable du téléphone portable semblent tellement prometteurs que ce dernier envahit même l'univers de la mode et du stylisme. La demande insatiable pour les transmissions de données à haut débit, engendrée par l'offre, et la concurrence que livreront de nouveaux entrants aux compagnies établies ainsi que la dérégulation du secteur font de la communication au sens large un secteur voué à une croissance explosive. Les fournisseurs d'équipement présentent aussi des perspectives de progression intéressante et figurent en bonne place dans le fonds Clariden (14%).

Géographiquement, le Communications Equity Fund se concentre essentiellement sur les Etats-Unis (56%), l'Europe ne représentant qu'une part de 26%. Mais, nuance Michael Tyler, plusieurs entreprises américains retenues réalisent l'essentiel de leurs affaires hors Etats-Unis. La rotation des titres est modérée à faible, un avantage dans un secteur fortement évalué.