Depuis vendredi soir, les passagers de Volare déchantent. La principale compagnie à bas coûts italienne a soudainement annulé tous ses vols. Devant les guichets, les employés ont apposé un carton «chiuso», et près de deux mille voyageurs sont restés à terre. A l'aéroport de Milan Linate, certains passagers avaient enregistré leurs bagages, d'autres se trouvaient à la porte d'embarquement. Le standard de la compagnie ne répond plus et tous les vols sont suspendus sine die. Les vingt-quatre appareils sont bloqués au sol.

Lourdement endettée, la compagnie, qui en quelques mois avait taillé des croupières à Alitalia, a été mise au pied du mur par ses créditeurs. Son président Mauro Gambaro a dû ordonner la cessation immédiate de l'activité, les avions n'étant plus couverts par les assurances. De la même manière, les sociétés de leasing des appareils, dont l'américaine Allsop Aircraft Leasing, ont exigé d'être payées avant d'autoriser d'autres décollages.

«D'un point de vue industriel, Volare va bien», continue de soutenir Mauro Gambaro. Avec 300 millions d'euros de chiffres d'affaires, le groupe Volare, qui emploie 1400 personnes dont 250 pilotes, détient aujourd'hui 11,8% du marché italien et assure une vingtaine de liaisons en Italie et à l'étranger. Mais sa situation financière a explosé. L'année dernière, les pertes ont atteint 45 millions. Depuis plusieurs semaines, toutes les tentatives de recapitalisation achoppent. Le mois dernier, les trois principaux actionnaires semblaient s'être mis d'accord pour remettre chacun 15 millions dans l'affaire. Il ne manquait plus que 15 millions pour boucler l'augmentation de capital prévue de 60 millions d'euros. Mais personne n'est venu frapper à la porte. D'autant qu'un rapport du cabinet d'audit KPMG Forensic a révélé un trou supplémentaire de 100 millions en raison de fausses factures et d'erreurs comptables. L'endettement total s'élèverait à 300 millions. Il y a quelques jours, les magistrats lombards ont même ouvert une enquête pour falsification de bilan.

A court de 60 millions

Sans l'injection rapide de 60 millions d'euros, Volare risque aujourd'hui le dépôt de bilan. Un conseil d'administration d'urgence a été convoqué aujourd'hui à Milan. «Il faut un nouvel acquéreur pour la compagnie», a lancé samedi le ministre des Transports Pietro Lunardi. En attendant, le gouvernement, déjà aux prises avec la crise d'Alitalia, pourrait nommer un commissaire extraordinaire à la tête de Volare.