Aviation

Compagnie cherche 100 millions pour vols bon marché

Un pilote de Ryanair et trois collègues veulent lancer une nouvelle compagnie d’aviation à bas coût reliant Bâle aux Etats-Unis. Ils cherchent à lever 100 millions de dollars pour utiliser 16 avions, alors que la concurrence et la hausse du prix du carburant menacent l’aviation

Le low cost longue distance a-t-il un avenir? C’est ce que veulent croire les promoteurs du projet Swiss Skies. Un nom de code derrière lequel on retrouve un pilote à temps partiel et trois vétérans de l’aviation qui cherchent à lever 100 millions de dollars (environ 97 millions de francs) pour relier Bâle aux Etats-Unis, comme communiqué par le quotidien Financial Times qui leur a consacré un article lundi.

La nouvelle compagnie d’aviation – dont le véritable nom reste à définir – pourrait être lancée mi-2019. Le conditionnel reste de mise, puisque les ambitions des cofondateurs dépendent de la réussite de leur campagne de financement. Et à l’élaboration d’un modèle d’affaires précis.

Une route pour la pharma

Pour l’heure, la compagnie n’évoque qu’une possible route Bâle-Cincinnati (Ohio) qui relierait deux des principaux pôles pharmaceutiques. Entrepreneur et pilote à temps partiel dans la compagnie à bas prix irlandaise Ryanair, Alvaro Oliveira y voit un grand potentiel au vu du «cauchemar» que représentent actuellement les vols entre ces deux villes.

Les fondateurs évoquent des coûts 30% inférieurs à ceux des autres transporteurs grâce notamment à sa flotte initiale composée de 16 avions exclusivement de type Airbus A321 (190 passagers). Ils ont une portée de 7500 kilomètres, tout en étant moins gourmands en kérosène. La compagnie devrait devenir profitable après trois ans et doubler sa flotte lors de son quatrième exercice financier, selon les prévisions de ses cofondateurs qui visent d’autres destinations dans les Caraïbes, l’Asie, le Moyen-Orient ou le Brésil.

Un secteur en peine

Ce lancement a lieu dans un contexte tendu pour l’aviation, en particulier pour les petits transporteurs. La compagnie suisse SkyWork a annoncé sa faillite fin août, hypothéquant l’avenir de l’aéroport de Berne où elle était basée. Tout comme sa consœur tessinoise Darwin, qui a déposé le bilan l’an dernier. Hors de Suisse, les crashs commerciaux d’Air Berlin et du britannique Monarch ont laissé des dizaines de milliers de passagers en rade à l’automne dernier. Le leader du low cost long-courrier Norwegian a, lui, revu ses ambitions à la baisse vendredi, et revendra la moitié des 210 avions qu’il a commandés à Airbus et à Boeing.

Relire: SkyWork n’aura pas résisté à la concurrence du low cost

Du côté de Bâle, on estime être préparé à éviter les écueils des grandes compagnies, en misant sur de petits aéroports situés près de grandes agglomérations. «Nous avons organisé un réseau complet, mais en raison de la concurrence nous ne voulons pas qu’il apparaisse dans la presse», a déclaré au Financial Times Armin Bovensiepen, l’un des autres cofondateurs de Swiss Skies.

Le prix des billets devrait être avantageux, mais les passagers devront payer leurs suppléments tels que la nourriture, le divertissement multimédia, les bagages et le placement en cabine.

Les cofondateurs ne disent pourtant rien de la montée du prix du kérosène, qui continue de grignoter les marges des compagnies d’aviation. Le carburant représente en moyenne 22,5% des coûts totaux d’une compagnie aérienne, contre 19,1% il y a deux ans. Selon l’Association internationale du transport aérien (IATA, selon son acronyme anglo-saxon), cette tendance devrait amputer les profits du secteur de 12% cette année.

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