Déjà en très mauvaise posture financière, la plupart des compagnies aériennes vont souffrir encore davantage de la guerre en Irak. Elles ont dû changer d'itinéraire et annuler des destinations vers le Proche-Orient. Les aéroports, y compris en Suisse, ont en outre augmenté les mesures de sécurité par crainte d'attentats terroristes. Toutes ces mesures vont encore plomber leurs comptes, déjà dans le rouge pour la plupart. Lufthansa a d'ailleurs déjà averti la communauté financière que ses résultats 2003 n'atteindraient pas ses objectifs. On en saura plus sur les perspectives financières de Swiss, qui publie officiellement ses résultats la semaine prochaine, dans quelques jours. La compagnie nationale a d'ailleurs annoncé il y a peu la suppression de deux vols à destination du Caire, par manque de candidats au voyage. Pour l'heure, le transporteur, qui a constitué une task force spéciale pour gérer cette crise, n'a pas encore modifié le reste de ses plans de vol, mais tout est possible, selon l'évolution quasiment d'heure en heure du conflit.

Certaines compagnies sont plus craintives que d'autres pour une partie des destinations, à l'instar de Lufthansa, qui a annulé ses vols prévus vers Israël et vers plusieurs pays arabes (Liban, Jordanie, Koweït et Arabie saoudite). Austrian Airlines a supprimé, hier, ses deux vols réguliers entre Vienne et Tel-Aviv. La compagnie néerlandaise KLM a suspendu ses vols sur neuf destinations au Moyen-Orient à compter de lundi. De son côté, Air France a annulé son vol de jeudi Paris-Amman et, de manière plus drastique, la compagnie prévoit de supprimer sa desserte entre Paris et Tel-Aviv, dès aujourd'hui. D'autres avaient pris les devants, comme British Airways, qui a déjà suspendu depuis mercredi ses vols vers le Koweït, et depuis hier ceux vers Israël.

Turkish Airlines a suspendu ses deux vols hebdomadaires d'Istanbul vers le Koweït, tout comme la compagnie Emirates Airline depuis son port d'attache de Dubaï. Le vol Iran Air de jeudi matin pour le Koweït a également été annulé. La compagnie grecque Olympic Airways a suspendu ses vols vers Dubaï, Beyrouth et Alexandrie (Egypte), et réduit sa desserte du Proche et Moyen-Orient. Elle avait déjà interrompu, il y a dix jours, ses vols vers le Koweït.

Une situation périlleuse

D'autres compagnies ont réorganisé leurs liaisons pour éviter la zone de conflit: Singapore Airlines a modifié ses itinéraires vers le Moyen-Orient et l'Europe. A plus long terme, les répercussions sur les compagnies aériennes pourraient être graves, entraînant de nouvelles suppressions d'emplois. L'américaine Continental Airlines a ainsi déjà averti que d'autres réductions d'effectifs pourraient intervenir si la guerre se prolongeait ou si la demande de billets restait à un niveau aussi faible. Les compagnies aériennes sont confrontées non seulement au recul du trafic, mais aussi à la hausse du prix du carburant, des primes d'assurance et des coûts liés à la sécurité. Alitalia a déjà augmenté le prix de ses billets pour compenser les dommages économiques que va lui causer la guerre en Irak.