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Le grounding de Monarch au Royaume-Uni lundi a mis en lumière la difficulté de plusieurs compagnies aériennes alors même que le secteur du transport aérien a retrouvé sa santé.
© Mary Turner/Reuters

Transport

Les compagnies aériennes européennes doivent revoir leur modèles d’affaires

Monarch, Alitalia, Air Berlin se retrouvent au bord du gouffre alors que Ryanair fait les frais de la politique de bas prix poussée à l’extrême. Pourtant le secteur se porte bien. Un spécialiste refuse de jeter la pierre aux low cost et appelle à une collaboration entre ces derniers et les transporteurs traditionnels

Un événement de taille a touché l’aviation civile européenne en début de semaine. Monarch, une compagnie aérienne britannique desservant surtout des destinations touristiques, a cessé ses activités lundi matin. Une opération de rapatriement de 110 000 passagers, la plus vaste depuis Dunkerque pour le Royaume-Uni, est en cours. Pour les mois à venir, ce sont 750 000 clients qui avaient réservé des vols qui ne seront pas remboursés, ou peu. Depuis le mois d’août, Monarch est le troisième transporteur à se trouver au bord du gouffre. Alitalia, qui accumule des pertes depuis des années, est désespérément à la recherche d’un investisseur. La compagnie nationale italienne a été mise sous tutelle en mai dernier. Malgré une injection de capital de la part d’Ethihad, la compagnie nationale des Emirats arabes unis, les efforts pour lui redonner un nouveau souffle ont échoué.

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La troisième faillite

De la même façon, la compagnie Air Berlin, qui compte 8000 collaborateurs et exploite 144 avions, attend un repreneur. Des négociations sont en cours avec Lufthansa et EasyJet et devraient durer jusqu’à jeudi prochain.
«Cela devait arriver, analyse Jean-Louis Baroux, spécialiste du secteur aérien basé à Paris et auteur de Compagnies aériennes: la faillite du modèle (Editions L’Archipel). Le modèle charter est à bout et les low cost ne sont pas viables non plus.» Et d’ajouter: «Le paradoxe est qu’Air Berlin bat de l’aile et Alitalia espère éviter sa troisième faillite alors que le transport aérien se porte bien.»
Politique de bas prix à outrance

Les low cost en cause? Jean-Louis Baroux refuse toutefois de leur jeter la pierre. Même les transporteurs traditionnels comme Lufthansa, Air France et Swiss opèrent des vols à bas prix. Selon lui, Ryanair, le low cost irlandais aussi en difficulté, fait les frais de sa politique de bas prix à outrance. En effet, il a été contraint de retirer 24 de ses 400 avions et de suspendre 34 routes en Europe. Concrètement, 18 000 vols entre novembre 2017 et mars 2018 ont été annulés. En plus de quelque 2000 vols supprimés entre septembre et octobre dévoilés mi-septembre. Les nouvelles annulations concernent 400 000 passagers. La compagnie a justifié ses décisions par la pénurie de pilotes, une centaine d’entre eux ayant quitté l’entreprise pour protester contre les bas salaires et des conditions de travail éprouvantes.

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Compétitivité et parts de marché

«La situation chez Ryanair n’est pas spécialement catastrophique, défend Philip Webster, gérant actions européennes chez BMO Global Asset Management, un fonds qui compte une participation dans le capital de la compagnie aérienne. Nous convenons toutefois que la communication a été mal gérée ces dernières semaines.» Selon le gérant, les transporteurs aériens ne peuvent échapper aux règles de la compétitivité et, à long terme, Ryanair continuera de gagner des parts de marché. «Evidemment, la rentabilité du secteur dépendra aussi des prix du fioul», dit-il.

Jean-Louis Baroux a un tout autre regard. Il préconise des accords entre les low cost et les transporteurs traditionnels. Selon lui, presque toutes les compagnies ont passé des commandes pour de nouveaux appareils et la course à la réduction des coûts ne ferait que des perdants. «EasyJet a compris l’enjeu et multiplie des accords de correspondance avec les autres compagnies», explique-t-il.


Ryanair prie ses pilotes de rester

Le directeur général de Ryanair, Michael O’Leary, a écrit vendredi aux plus de 4000 pilotes de la compagnie aérienne irlandaise pour leur proposer des hausses de salaires, afin de les dissuader de partir pour la concurrence. Il a aussi annoncé une prime de 12 000 euros pour les commandants de bord et 6000 euros pour les copilotes

Ryanair, en pleine crise des annulations de vols, dément depuis des semaines toute hémorragie de ses pilotes. Mais dans sa lettre, Michael O’Leary prie «de rester chez Ryanair» les pilotes qui pourraient être tentés «de rejoindre des compagnies moins sûres financièrement et en difficulté face au Brexit».

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