Cuivre, aluminium, nickel et autres zinc aiguisent les appétits. Le groupe minier brésilien Vale do Rio Doce tenterait d'avaler son homologue français Eramet. «L'industrie prend le pari que la demande de la Chine et des pays émergents pour les matières premières va continuer à grimper, soutenant durablement le cours des métaux», analyse le Wall Street Journal, dans son édition de vendredi.

Une croissance vive

Les prix du cuivre et du nickel ont avancé de respectivement 45% et 33% depuis septembre dernier. Pourtant, les métaux de base et les sociétés minières ont connu une phase délicate ce printemps. Les peurs d'un ralentissement économique mondial ont pesé sur les cours. «Plus qu'un affaiblissement de la demande, la liquidation des stocks semble avoir été la cause de la mauvaise performance des métaux de base au premier semestre», analyse un document de UBS. Les doutes se sont progressivement levés. Les statistiques macroéconomiques ont démontré que, des Etats-Unis à la Chine, la croissance restait vive. Les prix des métaux et des actions minières ont retrouvé de la hauteur cet été. Les sociétés en ont profité. Les profits de BHP Billiton ont explosé de 76% au deuxième trimestre par rapport à 2004. Le premier groupe minier mondial a bénéficié du renchérissement du minerai de fer et d'un baril de pétrole orienté à la hausse (la firme possède des puits et des raffineries).

L'évolution future? Le prix du métal semble plus que jamais lié à la Chine. Selon Goldman Sachs, cette dernière va continuer à engloutir cuivre, zinc et aluminium pour soutenir son développement (immeubles, centrales électriques, etc.). «Pékin est devenu le plus grand consommateur de métaux de la planète», rappelle la banque d'affaires. Au plan mondial, son poids économique devrait être multiplié par quatre à l'horizon 2025 (voir graphique). Parfois évoqué, un brusque ralentissement chinois ne semble plus à l'ordre du jour.

Goldman Sachs se penche sur l'urbanisation de la Chine, qui s'est accélérée à partir de 1998. Une seconde vague serait imminente. Les bâtiments pourraient commencer à se multiplier dans les provinces intérieures, phénomène qui s'est jusqu'à aujourd'hui limité aux grands centres (Pékin, Shanghai, Shenzhen). Sept cités seraient concernées: Guangzhou, Chongqing, Hangzhou, Chengdu, Tianjin, Nanjing et Wuhan. «Ce processus va soutenir durablement la demande pour les métaux de base», souligne la banque d'affaires.

L'exode rural constituera le principal détonateur. Les paysans chinois convergent de plus en plus vers les villes. Le taux d'urbanisation atteint aujourd'hui 41,8%. La Chine table sur un chiffre de 55% d'ici à quinze à vingt ans. «Près de 200 millions de personnes devraient quitter les campagnes», rapporte Goldman Sachs. Enormément d'immeubles à construire en perspective.

L'offre en métaux suivra-t-elle? Contraintes environnementales, risques sociaux et politiques (Pérou, Chili, etc.), problèmes techniques, manque d'équipements, faible rentabilité des projets: Goldman Sachs fournit une liste d'obstacles (potentiels) à la mise en service de nouvelles mines. A l'opposé, un gérant de portefeuille affirme: «De nouvelles capacités vont débarquer sur le marché à partir de fin 2006. En termes de bénéfices, les sociétés ont certainement atteint un sommet. Les titres du secteur n'offrent plus de potentiel.»