L'industrie pétrolière vient de publier des résultats trimestriels records, profitant de la flambée des cours depuis janvier. Avec la réélection de George Bush, elle se frotte encore les mains. Hier, les titres des multinationales du secteur sont partis en hausse. Plusieurs analystes voient dans la réélection de George Bush le prolongement des incertitudes géopolitiques dans le monde. Selon eux, «une victoire de Bush signifie que la guerre contre le terrorisme serait étendue au Proche-Orient qui fournit 30% de brut au monde».

La réélection de George Bush a en effet fait le bonheur de nombreuses sociétés pétrolières à la Bourse américaine. Halliburton, le fournisseur d'équipement à cette industrie et dont le vice-président Dick Cheney est l'ex-PDG (il s'est vu allouer de nombreux contrats liés à la reconstruction en Irak) prenait 3,29% à New York. Les titres d'Exxon Mobil, Chevron Texaco, Connocophillips et Occidental prenaient jusqu'à 2,5% dans l'après-midi. Par ailleurs, des analystes n'excluent pas que Washington donne bientôt des concessions pour l'exploitation de nouveaux gisements dans le golfe de Mexique ainsi qu'en Alaska.

Les prix repartent à la hausse

Côté prix, après avoir connu des baisses durant les trois dernières journées, les cours du Brent ont repris l'ascenseur dès la publication de premiers résultats des urnes. Sur l'International Petroleum Exchange à Londres, il a gagné jusqu'à 1,50 dollar le baril. A New York, le baril de brut de qualité «light sweet crude» pour livraison rapprochée en décembre a fini en hausse de 1,26 dollars à 50,88, après avoir chuté jusqu'à 48,65 dollars plus tôt, suite à une hausse bien plus forte que prévue des réserves stratégiques américaines. Ces derniers jours, le marché avait parié sur Kerry qui avait promis de libérer une partie de ces 600 millions de barils pour juguler la flambée de plus de 70% depuis le début de l'année.

«Depuis que l'OPEP (Organisation des pays exportateurs du pétrole) a la mainmise sur le marché, le prix est surfait, explique Philippe Lederrey, analyste à la banque Edmond de Rothschild Ensuite, il a renchéri à cause de la spéculation et des incertitudes géopolitiques.» Selon lui, la réélection de George Bush, ami de l'industrie pétrolière, devrait contribuer à corriger les prix artificiels.