Football

Dans les comptes du PSG, David Beckham a déjà gagné sa place

La star anglaise devrait faire vendre 150 000 maillots en 5 mois. Il est aussi un exhausteur de la renommée du club parisien en mains qataries

Sans jouer, David Beckham est déjà indispensable à son nouveau club. Deux semaines après l’annonce de son arrivée, la recrue du Paris Saint-Germain devrait faire ses premiers centres sur la pelouse de Sochaux, ce week-end. Mais déjà, les estimations sur sa contribution financière au PSG commencent à tomber, alors que «des milliers de maillots» ont déjà été vendus, selon le club parisien.

D’après le Daily Mail, ce dernier s’attend à vendre 150 000 maillots floqués Beckham, au cours de ses cinq mois de contrat avec le milieu anglais. Cette projection ne tombe pas de nulle part. Durant les cinq ans que la star a passés au Los Angeles Galaxy, 1,5 million de chandails ont été écoulés. Soit… 150 000 par demi-saison.

A 110 euros pièce, il faut s’attendre à ce que le PSG encaisse entre 16 et 17 millions d’euros (21 millions de francs), d’ici à cet été. Les principaux acheteurs seront en France, bien sûr, mais aussi au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Asie et au Qatar, pays d’origine du propriétaire du club, le fonds Qatar Sports Investment (QSI).

Lors de sa première saison à Madrid, en 2003, Beckham avait fait vendre 1 million de maillots à lui tout seul. En tout et pour tout, la carrière de celui qui doit son éclosion à Manchester United aura permis à ses quatre différents employeurs d’en écouler 10 millions. Soit plus de 1 milliard de francs dépensés par les fans du «Spice Boy». Au tour du PSG de profiter d’un engouement qui dure depuis presque 20 ans. Et les ventes de maillots ne sont pas les seuls revenus que le club tirera du passage éclair de David Beckham dans la capitale française.

Pour les droits TV, il arrive trop tard, ils ont déjà été négociés par la Ligue. En revanche, Vincent Chaudel, économiste du sport pour le cabinet Kurt Salmon à Paris, est «prêt à parier» que grâce à Beckham, le PSG partira dans une de ces lucratives tournées estivales en Asie ou aux Etats-Unis, durant l’intersaison. A l’avenir, le club pourrait aussi ouvrir des boutiques ou des académies de football à l’étranger, imagine-t-il. A l’instar des multinationales que sont déjà Manchester United ou le Bayern Munich. Pour Vincent Chaudel, Beckham est un «accélérateur de notoriété».

Mercredi, une centaine de journalistes se sont pressés à Paris pour assister à sa première heure d’entraînement. «Tous les yeux étaient déjà braqués sur le PSG. Mais nous nous attendons à ce que Beckham élargisse encore sa renommée», a aussi expliqué, début février, un représentant de Fly Emirates, le sponsor maillot du PSG depuis 2006. Des paroles aux actes: la compagnie aérienne a prévu de reconduire l’expérience pour cinq ans supplémentaires, de 2014 à 2019. Avec une rémunération multipliée par cinq (25 millions d’euros par an sont évoqués).

Du côté des coûts, l’Anglais est arrivé gratuitement, puisqu’en fin de contrat. Selon les détails révélés cette semaine par Le Parisien, la rémunération du joueur atteint «seulement» 31 000 euros mensuels. Une partie (non connue) de ce qu’il ne touche pas sera redistribuée à des œuvres caritatives, a-t-on promis à son arrivée. Là aussi, un coup marketing intelligent, reprend Vincent Chaudel. En plus, le club lui fournit une enveloppe de 30 000 euros par mois pour l’hébergement – il logera à l’hôtel Bristol, et une autre de 20 000 euros pour ses frais de sécurité. En outre, l’ancien capitaine de l’équipe d’Angleterre percevra un pourcentage sur les ventes d’accessoires liés à son patronyme. Par contre, aucun bonus ni prime n’est prévu à la performance, individuelle ou collective.

Si David Beckham permet effectivement au PSG d’encaisser 16 millions d’euros de merchandising, il aura rapporté davantage que les 11 millions de livres que Manchester United a perdu l’an dernier, en ne franchissant pas l’obstacle des phases de poules de la Ligue des champions 2011-2012.

Sur le terrain, la contribution du milieu de 37 ans reste à prouver, quoiqu’en disent les sceptiques. Mais dans les comptes, David Beckham vaut déjà plus qu’une qualification pour les 8es de finale de la plus lucrative des compétitions footballistiques. Un titulaire indiscutable.

En vingt ans, les fansdu «Spice Boy»ont dépensé plusde 1 milliard de francs pour les maillots floqués Beckham

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