Histoire

Le Comptoir suisse, la fin d’un emblème

A une année du centenaire, c’est le clap de fin pour le Comptoir suisse. Avant son déclin, la manifestation à l’origine commerciale était le rendez-vous incontournable des Vaudois

C’est la fin d’un emblème vaudois. Après l’annonce de MCH Group mardi, la ville de Lausanne et le gouvernement cantonal ont fait part de leurs «regrets» de voir disparaître le Comptoir suisse qui «a connu ses heures de gloire et de rayonnement». Car, avant de voir son public se réduire comme peau de chagrin depuis près de vingt ans, il a longtemps été le rendez-vous immanquable des Vaudois, trait d’union entre ville et campagne.

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Le million de visiteurs en 1986? Un chiffre «exagéré», selon Denis Décosterd, le conseiller de la municipalité de Lausanne. Néanmoins, les entrées se comptaient en «plusieurs centaines de milliers dans les meilleures années. L’événement avait une raison d’être.» Il détaille: «Il y a cinquante ans, le Comptoir était un lieu unique pour acheter meubles et objets ménagers. C’était un formidable lieu de convivialité et de loisirs qui permettait de «voyager» grâce aux pavillons des pays hôtes. Ce qu’il offrait n’était pas accessible autrement.»

Fief des radicaux vaudois

Avant d’être une manifestation populaire, le Comptoir est né en 1919 d’une impulsion commerciale. Dans un contexte d’après-guerre, la foire est initiée par des industriels soucieux de dynamiser le commerce. Cette vitrine pour les secteurs alimentaires et agricoles se développe rapidement: les tentes installées sur le champ de Beaulieu laissent place au Palais, construit dans les années 1930. Face à son succès grandissant, l’événement est reconnu comme foire nationale par le Conseil fédéral. Il devient alors «le rendez-vous politique vaudois des années 1950 à la fin du XXe siècle. C’était l’endroit où il fallait être», raconte Denis Décosterd. Il était notamment le fief des radicaux.

La journée officielle réunissait députés, syndics, chefs de service et représentants économiques, en tout «entre 500 et 600 personnes du monde politico-économico-administratif qui faisaient le canton. Le Comptoir était le miroir des «élites» vaudoises», résume le connaisseur. Un membre du Conseil fédéral était toujours présent ainsi que l’entier du Conseil d’Etat: longs et nombreux discours, visite de la foire, repas à midi, puis le soir. Une inauguration devenue anecdotique à mesure que la manifestation a perdu de ses couleurs.

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